56582264D9BDF105031BDEA2BBD072F1 " />
Ivoire Intellect

Côte d'Ivoire: Lutte contre la cybercriminalité, le rôle participatif des internautes.

Côte d'Ivoire: Lutte contre la cybercriminalité, le rôle participatif des internautes.

La révolution numérique, fer de lance de la nouvelle économie mondiale a, on ne peut, plus démontrer son utilité au développement des secteurs d’activités (industries, commerce, éducation, formation, armée, etc.) que n’importe laquelle des innovations qu’a connu l’histoire. A ce jour, elle s’est avérée être l’un des piliers majeurs de croissance de plusieurs économies mondiales (Etats-Unis ; Chine ; Japon ; Russie etc.), et ambitieusement un espoir de développement pour des Etats du tiers monde dont la Côte d’Ivoire. Si d’une part l’ère numérique a suscité au monde ou moins à la Côte d’Ivoire une aube d’affirmation du potentiel  intellectuel et évolutionniste, elle a d’autre part laissé libre court à une tendance régressive incarnée par la cybercriminalité. 

Quelle en est l’origine en Côte d’Ivoire et qui sont les cybercriminels ivoiriens ?

La cybercriminalité, en ses débuts n’est aucunement le produit d’esprits criminels ivoiriens. Les précurseurs de ces escroqueries organisées via internet en Côte d’Ivoire sont des ressortissants nigérians et parfois des camerounais (Source : PLCC). Cependant, des jeunes ivoiriens communément appelés « brouteurs », d’âges compris entre 13 et 30 ans pour la plupart s’en sont appropriés à un degré excessif, attribuant à la capitale Abidjanaise le blason de la ville africaine à la plus mauvaise « e-réputation » en 2013, volant ainsi la vedette à la capitale Nigériane.

Les techniques à leur actif sont de plus en plus sophistiquées. Hameçonnage (fishing), arnaques à l’héritage, aux sentiments, à la loterie, à la commande de matériels et promesse de paiement par carte de crédit ou virement bancaire, détournements de courriers destinés aux banques, escroqueries à la voiture d’occasion, etc. Le palmarès de ces cyber-délinquants est exhaustif. En 2012, le préjudice de leurs actes s’élève à 40 millions de dollars. En 2013, la Côte d’Ivoire est reléguée au rang des pays les plus à risque en matière de e-commerce. C’est de ce fait toute l’économie numérique ivoirienne qui est taxée d’un discrédit d’escroquerie, d’insécurité et de fraude.

La réponse gouvernementale aux cyber-crimes

Face à la recrudescence des cyber-crimes et aux préjudices causés par ceux-ci, des mesures drastiques ont été prises par les instantes gouvernantes. A cet effet, une plateforme – Plateforme de Lutte Contre la Cybercriminalité (PLCC) - a été mise en place en 2012 avec une brigade « anti-broutage ». Elle a pour mission d’intercepter les activités suspectes sur internet et de transmettre des données à la police scientifique afin de procéder à la traque et aux interpellations de cybercriminels. En 2015, le nombre de cyber-délinquants interpellés s’élève à 205 dont 189 hommes (92%) et 8 jeunes filles (8%). En plus des précédentes mesures, une opération d’identification des abonnés au téléphone mobile a permis de recenser plus de deux (02) millions d’abonnés. A côté de cela, le recensement des cyber-cafés sur toute l’étendue du territoire et l’adoption d’un projet de loi relatif à la lutte contre la cybercriminalité et la protection des données ont été de mise dans le dispositif de cyber défense ivoirien. Au regard des dispositions prises et du climat défavorable à la cybercriminalité, les cybercriminels ou « brouteurs » vont opter dans un premier temps au refuge dans les villes de l’intérieur où le contrôle des services de la police scientifique est presqu’inexistant, pour ensuite s’exiler au Maroc- pour certains - lorsque la quiétude dans lesdites localités s’avérait être incertaine.

Le rôle participatif des internautes dans la lutte pour l’éradication du phénomène

A croire l’effectivité dans l’application des mesures publiques évoquées ci-dessus, les services de police et la justice ivoirienne sont à pied d’œuvre pour limiter le plus possible les actes de vandalisme perpétrés dans le cyberespace notamment contre des cibles étrangères. Mais, Les cyber-délinquants ivoiriens à l’image des actifs de l’e-emploi, demeurent avant tout des internautes très actifs sur la toile, qui au fil du temps ont acquis une bonne maitrise de l’usage des technologies virtuelles. Si nous nous accordions au principe militaire qui sous-tend que « si vous voulez chasser des loups, il vous en faut d’autres », l’implication des tiers (internautes et autres actifs de l’e-travail) dans la lutte contre la cybercriminalité devrait participer nécessairement de la stratégie de défense et de sécurisation de l’espace virtuel qu’est internet.

Etant donné le caractère secret des données à disposition des services de sécurité (PLCC, DITT, Police Scientifique, Brigade anti-brouteurs, etc.) en charge de la lutte contre la cybercriminalité, elles ne sauraient se retrouver en de mauvaises mains. Ainsi, la lutte participative de la population d’internautes en Côte d’Ivoire se résumerait globalement à une stratégie de prévention privilégiant d’une part l’information relative aux techniques d’approches cybercriminelles et par la suite à une dénonciation active d’éventuels actes déprédatifs.

En pratique, il sera question - pour le volet informationnel - de dévoiler périodiquement et activement les  nouvelles stratégies cybercriminelles autres que celle déjà connues. Par ce fait, c’est plus d’une population d’internautes qui sera avisé des manœuvres prochaines de nos cyber-escrocs et autant de portefeuilles et de biens qui se verront mis à l’abri et sécurisé.

Pour ce qui relève de la dénonciation, il faut noter en prélude que la proximité des internautes avec les criminels est un atout majeur d’autant plus que nous préconisons au titre de cette lutte participative une implication de ces populations qui ont vocation à tenir de façon récurrente la chandelle aux cyber-délinquants.

Concrètement, pour dénoncer les actes de délinquance orchestrés sur internet, il faudra aux personnes taguées de civisme de procéder dès identification de contenus cybercriminels (arnaques à l’héritage, aux sentiments, à la loterie, promesse de paiement par carte de crédit ou virement bancaire, etc.) à :

  1. Alerter les autorités compétentes du délit en cours et transmettre si possible l’identité des présumés criminels afin de faciliter d’éventuels arrestations
  2. Signaler online les messages et publications de sources suspectes à son réseau sur les réseaux sociaux et à ses contacts par e-mail et messages téléphoniques afin d’informer le plus de personnes possibles de la menace en cours
  3. Bloquer la réception continuelle de courriels indésirables (spams) dans les boites de messagerie électronique et dans certaines circonstances procéder à leurs signalisations

 

Dans la mesure du possible, sensibiliser son réseau, ses contacts et son entourage aux risques  cybercriminels dont nous avons connaissance. Quoi qu’il arrive, demeurons actifs à la lutte et contribuons au mieux à l’assainissement du cyberespace et du climat économique ivoirien.

La ligue des blogueurs ivoiriens a déjà sonné l’entame du combat opposant blogueurs et « brouteurs » en Côte d’Ivoire. Nous disons à notre tour que pour un cyberespace sans risques, une révolution numérique effective et un taux de risque cybercriminel quasi nul, la guerre ne fait que commencer.

 

BLOGUEURS VS BROUTEURS, LE DUEL NE FAIT QUE COMMENCER !!!!!    

Partager cet article

Repost 0

Commenter cet article