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Ivoire Intellect

L'or empoisonné

L'or empoisonné

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L’obscurité occupait le couloir très étroit de l’avenue 101 qui étouffait sous l’assaut des mégalomanes du sexe. Cette ruelle, connexe à l’artère principale tracée le long du centre-ville de Kitshanga, vivait au rythme d’un phénomène maléfique. Derrière des murs en parpaings noirâtres, dans une ambiance surchauffée, s’échangeaient les services du sexe contre les billets de banque à la satisfaction des hobbies sexuels.

 D’abord, aux heures tardives, les boutiques, les magasins, les alimentations, les pharmacies ainsi que les services, fermaient pour laisser place au business du sexe, très florissant dans la venelle recouverte de macadam. Ensuite, les boîtes de nuit se relayaient pour jouer de la musique envoûtante, signant ainsi l’arrivée des filles par petits groupes. Puis, la foire aux sexes commençait par la consommation de l’alcool puis de la drogue en quantité débordante.

‘’Derrière des murs en parpaings noirâtres, dans une ambiance surchauffée, s’échangeaient les services du sexe féminin contre les billets de banque à la satisfaction des hobbies sexuels’’.

‘’Derrière des murs en parpaings noirâtres, dans une ambiance surchauffée, s’échangeaient les services du sexe féminin contre les billets de banque à la satisfaction des hobbies sexuels’’.

Les rues grouillaient, à cet instant-là, de monde. Et l’insécurité, de manière démesurée, régnait en maître à cause de fréquentes bagarres des hommes soucieux de protéger, souvent, les femmes présentes. Au même moment les gens se retiraient dans les parties inaccessibles aux rayons lumineux distillés par les regards indiscrets des lampadaires royalement dressés sur les abords de la rue. Les conversations tournaient autour du prix pour passer un instant charnel. Parmi les personnes présentes, l’on dénombrait des mineures aux corps charnus, qui monnayaient leurs charmes à nos côtés. Ces dernières, issues pour la plupart de familles démunies, acceptaient de livrer leur nudité aux rares fortunés  en quête d’un instant de plaisir sexuel.

‘‘Parmi les personnes présentes, l’on dénombrait des mineures aux corps charnus, qui monnayaient leurs charmes à nos côtés. Ces dernières, issues pour la plupart de familles démunies, acceptaient de livrer leur nudité aux rares fortunés  en quête d’un instant de plaisir sexuel.’’

‘‘Parmi les personnes présentes, l’on dénombrait des mineures aux corps charnus, qui monnayaient leurs charmes à nos côtés. Ces dernières, issues pour la plupart de familles démunies, acceptaient de livrer leur nudité aux rares fortunés en quête d’un instant de plaisir sexuel.’’

Dans de nombreux recoins de la ville, des endroits appelés QG (Quartier Général) sont légion. Ce sont de petites caisses de vente de boissons et autres stupéfiants, disposant d’une ou plusieurs chambres pour accueillir les libidineux. Les servantes sont transformées en accompagnatrices sexuelles de cet holocauste juvénile. Pires, ces places sont tenues par des personnes ayant des liens incontestables avec des agents des services de sécurité qui en assurent la couverture. En certains endroits, ce sont même ces agents ou leurs femmes qui en sont responsables.

Au bout de l’artère principale du secteur 101, transformé pour l’occasion en place forte de ces pratiques libidinales, est dispersée pelle mêle une vaste opération de marchandage du sexe juvénile. Faute de moyens, plusieurs jeunes filles, ayant quitté l’école, sont employées dans ces officines, contre une rémunération dérisoire. Toute la recette revient au patron ou à la patronne.

 

 Pourtant, la loi sur les violences sexuelles (Loi Nº06/018 du 20 juillet 2006 modifiant et complétant le décret du 30 janvier 1940 portant Code pénal congolais) est claire en punissant l’excitation des mineures à la débauche et le proxénétisme. Elle souligne le caractère crapuleux de l’acte puis le sanctionne en ses articles 172 et 174.

Article 172 :

Quiconque aura attenté aux mœurs en excitant, facilitant ou favorisant pour satisfaire les passions d’autrui, la débauche ou la corruption des personnes de l’un ou l’autre sexe, âgées de moins de 18 ans, sera puni d’une servitude pénale de trois mois à cinq ans et d’une amende de cinquante mille à cent mille francs congolais constants.

Article 174 :

Sera puni d’une servitude pénale de trois mois à cinq ans et d’une amende de cinquante mille à cent mille francs congolais constants :

1. quiconque, pour satisfaire les passions d’autrui, aura embauché, entraîné ou détourné, en vue de la débauche ou de la prostitution, même de son consentement, une personne âgée de plus de dix-huit ans ; l’âge de la personne pourra être déterminé par examen médical, à défaut d’état civil ;

2. quiconque aura tenu une maison de débauche ou de prostitution ;

3. le souteneur : est souteneur celui qui vit, en tout ou en partie, aux dépens d’une personne dont il exploite la prostitution ;

4. quiconque aura habituellement exploité de quelque autre façon, la débauche ou la prostitution d’autrui.

 

Malgré tout, la même situation se répète par ici. C’est dans cette atmosphère hautement éprouvante que j’attendais mon dernier client de la nuitée. Le dos collé à l’une des façades du couloir, mon sac à main contenait un arsenal digne d’une professionnelle du sexe. J’y avais dissimulé une lotion de lubrifiant, des préservatifs et une lame de couteau. J’avais soigneusement préparé cette arme blanche pour des représailles à l’endroit de quiconque s’aventurerait à porter sa libido sur moi contre mon gré. J’attendais, comme un bon enfant, le prochain homme prêt à me donner un pécule pour une partie de jambe en l’air, dans l’hôtel B10, où je recevais habituellement mes clients privilégiés.

‘‘J’attendais  mon dernier client de la nuitée. Le dos collé à l’une des façades du couloir, j’attendais, comme un bon enfant, le prochain homme prêt à me donner un pécule pour une partie de jambe en l’air dans l’hôtel B10.’’

‘‘J’attendais mon dernier client de la nuitée. Le dos collé à l’une des façades du couloir, j’attendais, comme un bon enfant, le prochain homme prêt à me donner un pécule pour une partie de jambe en l’air dans l’hôtel B10.’’

Par ailleurs, ma pensée semblait dubitative. Tantôt une vague de joie m’animait, tantôt j’éprouvais déjà de la nostalgie pour ces pratiques trop obscènes envers les femmes. La veille, les représentants d’une importante Organisation Non Gouvernementale (ONG) dénommée « Non-à-la-prostitution » vinrent rencontrer la plupart des prostituées de l’allée 101. À mon tour, les responsables de l’ONG me promirent une activité génératrice de revenus, susceptible de garantie ma dignité et un mode de vie sain. Toutefois, mon abandon pur de ce cosmos scabreux, qui me condamnait à satisfaire, contre de l’argent, les libidos des garçons de plus en plus avides de plaisirs charnels, conditionnait ce manège alléchant des agents de l’organisme. J’acceptais la proposition, mais je promis de faire mes adieux à l’univers du sexe après avoir épongé ma dette envers ma patronne Miss Done. Ma créance envers cette baronne de la pègre alimentait des souvenirs douloureux remontant à mon adolescence.

La veille, les représentants d’une importante Organisation Non Gouvernementale (ONG) dénommée « Non-à-la-prostitution » vinrent nous promettre une activité génératrice de revenus. Cette offre est assortie de notre abandon de cette pratique scabreuse qu’est la prostitution’’.

La veille, les représentants d’une importante Organisation Non Gouvernementale (ONG) dénommée « Non-à-la-prostitution » vinrent nous promettre une activité génératrice de revenus. Cette offre est assortie de notre abandon de cette pratique scabreuse qu’est la prostitution’’.

Les pages sombres de ma vie commencèrent le jour où je quittai mon faubourg villageois de Kiwanja pour continuer mon cursus scolaire dans la cité de Kitshanga. J’avais quinze ans. Mais ma forte poitrine incurvée par des seins envoûtants, mon postérieur naturellement excitant, ma forme de top-modèle et mon teint clair emprunté à une métisse des caraïbes trahissaient mon adolescence. En réalité, mon entourage me percevait comme les adultes dans la sphère cintrée des femmes matures à cause de mon imposante corpulence. En tout temps, je devenais une perpétuelle proie pour les prédateurs sexuels. Mon quotidien était un véritable combat où se mêlaient les multiples avances de monsieur « Tout-le-monde » sur le chemin de l’école ; des enseignants ainsi que de mes condisciples dans mon lycée.

‘‘J’avais quinze ans. Mais ma forte poitrine incurvée par des seins envoûtants, mon postérieur naturellement excitant, ma forme de top-modèle et mon teint clair emprunté à une métisse des caraïbes trahissaient mon adolescence. En réalité, mon entourage me percevait comme les adultes dans la sphère cintrée des femmes matures à cause de mon imposante corpulence.’’

‘‘J’avais quinze ans. Mais ma forte poitrine incurvée par des seins envoûtants, mon postérieur naturellement excitant, ma forme de top-modèle et mon teint clair emprunté à une métisse des caraïbes trahissaient mon adolescence. En réalité, mon entourage me percevait comme les adultes dans la sphère cintrée des femmes matures à cause de mon imposante corpulence.’’

C’est dans ce contexte énigmatique qu’un jour Franck Mahamba me viola dans le couloir du mur de notre habitation. Ce jeune homme était le fils d’un des hommes les plus puissants de la ville, habitant par la même occasion le quartier où je vivais avec ma tante et son mari. Ce jour-là marque la perte de ma virginité et  signe mon premier rapport sexuel extrêmement douloureux sous un viol. L’homme, d’une force largement supérieure à la mienne, m’avait étreint contre le mur ; puis il s’introduisit brutalement en moi. À chaque va-et-vient qu’il faisait, la douleur s’emparait littéralement de mon corps d’adolescent. À la fin de son action, j’étais en pleurs et mon orifice vaginal béant bavait du sang.

‘‘À la fin de son action, j’étais en pleurs et mon orifice vaginal béant bavait du sang.’’

‘‘À la fin de son action, j’étais en pleurs et mon orifice vaginal béant bavait du sang.’’

Trois mois plus tard, ma tante et son mari apprirent ma grossesse née de cette outrance. Peu après, je surpris leur discussion dans la véranda. Ma tante disait à son mari: « Elle teste ! Si c'est positif, on fait couler cela ! Est-ce triste ? Mais nous devons faire avec, car je déteste la famille de ce jeune homme. »

Le père de l’auteur de ma grossesse avait fait fortune dans l’exploitation de ses concitoyens. Ce richissime homme d’affaires, propriétaire d’une importante firme d’extraction minière, semait de la désolation dans son entourage en s’accaparant les terres de ses contemporains. Emigré depuis peu des confins de cette contrée, il a commencé par installer une unité de prospection de minerais avec d’autres associés dont le mari de ma tante. Lorsque la petite société a abordé sa maturité, il a évincé le reste des fondateurs de l’entreprise puis il s’est octroyé les terres des pauvres habitants qu’il était venu trouver quelques années auparavant. Il exploitait ensuite les ressources souterraines de ces terres à ses bénéfices. Il réussissait ses coups perfides avec la complicité de la haute sphère administrative de la ville de Kitshanga. Le mari de ma tante, très outragé, le répugnait comme la peste.

 ‘‘Le mari de ma tante, très outragé, le père de mon violeur répugnait comme la peste parce qu’il s’était enrichi illégalement sur le dos des autochtones.’’

‘‘Le mari de ma tante, très outragé, le père de mon violeur répugnait comme la peste parce qu’il s’était enrichi illégalement sur le dos des autochtones.’’

Le test fut positif. Et suivant mon intuition, je refusai d’avorter lorsque ma tante et son mari m’en proposèrent le soir dans leur chambre. Ils me mirent à la porte sans retenue à cause du désaccord qu’ils entretenaient avec la famille de l’auteur de ma grossesse.

Les mains grandement ouvertes, la rue m’accueillit généreusement et six mois concentrés, je mis au monde Sylvain Mahamba, un beau garçon. Franck Mahamba accepta de le recevoir auprès de lui, me libérant ainsi de tout fardeau de mère qui devrait reposer, en principe, sur mon adolescence. Insouciante, déscolarisée, livrée à moi-même et aux prédateurs sexuels, je sombrai dans la prostitution, loin de mon fils, dans cet autre quartier qui abritait ce boyau 101.

Miss Done, une puissante proxénète et baronne de l’érotisme me repéra puis elle m’intégra dans le groupe de filles qu’elle exploitait comme prostituées de luxe, dans sa demeure transformée en buvette. Ce lieu mythique abritait de vastes opérations de marchandages de sexe. L’alcool y coulait à flots, et nos clients, agents humanitaires, commerçants, passagers en transit et transporteurs n’avaient aucun mal à s’approprier nos services sexuels.

Ici, à Kitshanga, la prostitution se fait au grand jour amplifié à la faveur de l’atmosphère délétère de cette cité carrefour où se mêlent pauvreté, surpopulation et méfiance ethnique. Cet amalgame pernicieux alimente la vente du sexe au grand bonheur des proxénètes installés à la faveur de la crise politico-militaire que traverse le pays. Ces personnes s’enrichissent sur le dos des filles à travers des menaces puissamment orchestrées. Mon cas n’est pas étranger à cette situation.

Miss Done m’a obligé, pendant des années, à affronter des ébats sexuels afin de rembourser, grâce aux recettes issues des passes, l’argent qu’elle me donnait pour assurer mes besoins personnels. Mais mes journées, ponctuées de toilettes intimes, justes pour effacer les cendres des brutalités érotiques masculines lors des différents ébats, se révélaient très agaçantes. Les matins, mes principales actions se résumaient en une bonne dose de toilette pour ne pas paraître vieillotte. Aussi, la hausse du prix des lotions de traitements corporels, auxquels je m’étais accoutumée pour paraître toujours belle, m’avait de plus en plus endetté auprès de ma patronne.

Pour ne plus être sous son joug, j’abandonnai son secteur, puis je rejoignis la ruelle 101 où j’opérais désormais à mon propre compte. Toutefois, je lui promis de m’acquitter de ma dette envers elle; je ne voulais pas essuyer sa colère, car Miss Done dirigeait un vaste réseau de proxénètes qui bénéficiait des largesses de la police et des autorités locales.

Dans ce milieu, entre les clients qui n’honorent pas nos factures et les agents de l’ordre qui nous arrêtent puis nous libèrent sous condition de coucher avec eux, le risque de se voir violer, pour nous les « filles de joie », est élevé.

Pourtant, cela faisait dix-sept ans que j’opérais comme prostituée dans ce couloir digne de la mort. Je comptais sur cette dernière fois pour solder la créance de Miss Done afin de m’échapper définitivement de cette plèbe. Même si souvent mon stand se trouvait bien achalandé, je rêvais d’abandonner ce milieu qui mettait rudement à l’épreuve ma capacité à jauger des passions libidineuses. Tant d’années m’ont vu livrer ma nudité dans cette portion d’habitation ! Trop de nuits ont traversé mes impudicités dans un silence coupable de la société. J’en avais assez… J’attendais mon dernier client pour en finir définitivement avec la prostitution.

‘‘Dans ce milieu, entre les clients qui n’honorent pas nos factures et les agents de l’ordre qui nous arrêtent puis nous libèrent sous condition de coucher avec eux, le risque de se voir violer, pour nous les « filles de joie », est élevé.’’

‘‘Dans ce milieu, entre les clients qui n’honorent pas nos factures et les agents de l’ordre qui nous arrêtent puis nous libèrent sous condition de coucher avec eux, le risque de se voir violer, pour nous les « filles de joie », est élevé.’’

Ah ! Voilà un client qui venait. Malgré le règne de l’obscurité dans les lieux, on pouvait lire sur le visage juvénile de cet homme un pic de testostérone, en ébullition, prête à jaillir à la moindre provocation. Sa volonté manifeste de ne pas tarder dans le marchandage présageait une somme réconfortante après la passe. Nous arpentions d’innombrables flaques d'eau qui jalonnaient le bitume fatigué avant d’aborder la même rengaine ; des magasins, des passants, des clients et des filles en discussion, et tout cela à perte de vue puis chuter sur le dernier passage piéton qui longe un petit bâtiment bleu déjà connu des habitués du lieu. Il affichait une enseigne rectangulaire de couleur rouge illuminée comme un sapin de Noël. Harcelés par les premières gouttes de pluie, nous nous réfugions dans l’hôtel B10.

Cette nuitée porte les souvenirs des ébats les plus caustiques de ma carrière de prostituée. Hormis son apparence juvénile, mon client possédait une forte corpulence digne d’un gladiateur chevaleresque. Ses trémoussements, précédés de violents coups de torpilles sur mes lèvres vaginales, transmettaient à mes nerfs des douleurs assez cancérogènes pour mon cerveau. En plus de ses hurlements mêlés de satisfaction, le jeune homme jugulé au-dessus de mon corps se tordait de plaisir tandis que son pénis planté dans mon utérus gravement en feu, me laissait pousser des gémissements naturellement plaintifs suite à cette souffrance. Mes cris, semblable à des jappements stridents, étouffaient dans le silence des murs aux nombreux gravats de l’hôtel encore en construction, où régnait la terreur du manque d’hygiène. Enfin, pris d’une grande sensation de plaisir, le jeune homme déversa en moi un épais volume de sperme. Fin de l’acte.

‘‘Cette nuitée porte les souvenirs des ébats les plus caustiques de ma carrière de prostituée.’’

‘‘Cette nuitée porte les souvenirs des ébats les plus caustiques de ma carrière de prostituée.’’

Libérer de toute étreinte, mes orifices bouillonnants de douleurs, mon client me donna une grosse masse d’argent, largement supérieure à mes attentes. Comme salaire, c’est l’équivalent d’un hebdomadaire pour moi. Parfait ! J’allais pouvoir rembourser Miss Done et pouvoir enfin m’installer dans un appartement loin de cette enclave diabolique, en attendant l’aide de l’ONG « Non-à-la-prostitution » qui prendrait sûrement du temps pour son effectivité.

‘‘La voix étouffée par le remords, je languissais. Sans le savoir, je venais de coucher avec mon fils que j’avais abandonné, dix-sept ans plus tôt, dans les mains de son père.’’

‘‘La voix étouffée par le remords, je languissais. Sans le savoir, je venais de coucher avec mon fils que j’avais abandonné, dix-sept ans plus tôt, dans les mains de son père.’’

Par maladresse, il fit tomber de son portefeuille sa pièce d’identité sur le tapis poussiéreux de la chambre d’hôtel. Très heureuse, animée d’un sentiment de gratitude envers mon bienfaiteur, je me dépêchai pour ramasser sa carte d’identité afin de la lui remettre. Je fus ahurie par cette découverte inopinée. Puis possédés par un robuste sentiment de désespoir et poussés par une large envie de suicide, mes yeux s’immergèrent dans une marée de larmes. Cette production hydrique, sortie de mes glandes lacrymales, s’aventurait sur mes joues pour terminer sa course dans ma fossette suite à mon visage orienté vers le sol. Après une relecture laconique de la pièce d’identité, je répétai discrètement le groupe nominal qui s’affichait : « Sylvain Mahamba ». La voix étouffée par le remords, je languissais. Sans le savoir, je venais de coucher avec mon fils que j’avais abandonné, dix-sept ans plus tôt, dans les mains de son père. Ô Seigneur.

 

                   

 

 

 

 

 

 

 

 

 

‘‘A toutes les femmes, de la Planète en général et de l’Afrique en particulier, qui sont tombées dans les vices sexuels à cause des contraintes auxquelles elles ne peuvent échapper. Tenez bon il y a encore de l’espoir.’’

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