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Impacts du mobile money sur le développement du e-commerce en Côte d’Ivoire

Impacts du mobile money sur le développement du e-commerce en Côte d’Ivoire

On ne le dira jamais assez, les technologies de l’information et de la communication ont révolutionné notre monde à un niveau significatif de l’évolution et de la modernisation. Il y a à peine deux décennies plutôt, les courriers transitant par la poste, les téléphones fixes - pas très en vogue à l’époque - et les télégrammes représentèrent l’essentiel des moyens de communication à distance en Côte d’Ivoire. Aujourd’hui, il faut bien admettre que ces moyens ne sont plus que reliques des archaïsmes en matière de communication.

Désormais, le téléphone mobile substituant dans une certaine mesure aux premiers, confère au paysage communicationnel un modernisme sans précédent.

La transition numérique et son corollaire d’innovations a par ailleurs donné lieu à une amélioration des conditions de vie et son intégration dans les routines de l’activité humaine a suscité à celle-ci une facilité d’action. C’est dans ce contexte que l’activité commerciale comme bien d’autres activités s’est vue simplifiée au travers de l’e-commerce ou commerce en ligne. Dorénavant, les articles de nos centres commerciaux sont exposés sur des sites de vente en ligne et font l’objet d’échanges sans toutefois que les potentiels acheteurs n’aient à bouger le petit doigt.

En occident, le développement de cette forme d’échanges dite commerce électronique doit une fière chandelle aux banques et aux systèmes de paiement sécurisé en ligne (PayPal, Bit coin). En Côte d’Ivoire, l’historique de vulgarisation du trafic en ligne revêt un tout autre aspect avec cependant une appropriation presque semblable des populations occidentales et ivoiriennes.

Dans le cas espèce de la Côte d’Ivoire, le taux de pénétration sans cesse croissant du téléphone mobile (101,6%) et celui de l’internet (15%) plutôt faible, ont été de mise dans le développement du e-commerce. Les précurseurs de cette nouvelle tendance commerciale en Côte d’Ivoire sont en 2013 JUMIA CI, filiale de l’allemand ROCKET INTERNET et Cdiscount (2014) rattachée au groupe français CASINO. A ce jour, le leader du commerce en ligne en Côte d’Ivoire demeure incontestablement la filiale allemande qui à la différence de son concurrent d’alors, s’est lancé dans une entreprise visant à promouvoir sur sa plateforme en ligne les marchandises de commerciaux trouvés sur place. Il faut dire que la divergence des stratégies marketing et la rapidité des services de livraison des premiers leur ont valu la confiance d’une frange majoritaire des 3 600 000 internautes ivoiriens.

Si donc l’appropriation du e-commerce en Côte d’Ivoire laisse entrevoir une importance particulière, l’adoption du mobile money par les populations en est imputable pour une part considérable. Cheick Omar Guira, Directeur commercial de Cdiscount disait à propos que « L’e-commerce, c’est le nouvel eldorado des affaires, et son développement devra passer par le mobile banking »

 Le système qu’offre le mobile money se trouve être imprégné d’une souplesse qui tend à intégrer les classes sociales les plus pauvres, incapables de se procurer des comptes bancaires du fait  des coûts et modalités de gestion inabordables de ceux-ci. En effet, le mobile money contrairement aux banques cumule à son actif les possibilités :

  • D’ouverture gratuite de comptes pour les abonnés ayant atteint la majorité d’âge
  • D’opérations (épargne et  débit) libres moyennant des commissions plutôt tendres et abordables
  • De transactions financières libres entre abonnés d’un même opérateur mobile
  • D’acheter ou de vendre en ligne tel que possible avec les systèmes d’e-banking, etc.

                                  

Aujourd’hui pour acheter en Côte d’Ivoire plus besoin de se déplacer, un compte mobile money suffit pour s’approvisionner et payer pour des prestations diverses (courses en taxi ; pièces administratives ; frais de concours ; plomberie etc.). Toutefois le mode de paiement en e-commerce incombe aux clients qui ont le choix entre le mobile money (prisé et populaire) ; le paiement espèce (conseillé pour les échanges de moindres coûts) et les prélèvements bancaires (réputés plus sécurisés mais inabordables pour les pauvres). Notons donc qu’en matière d’échanges commerciaux, les populations ivoiriennes n’ont pas grand-chose à envier à l’occident qui respire pleinement l’air numérique.

 

Cependant, la souplesse du mobile money conférant au e-commerce une facilité d’extension engrange des disfonctionnements notoires visant à mettre en danger les biens des abonnés du système téléphonique. La recrudescence du piratage des comptes et des arnaques sont autant de menaces qui suscitent chez les clients mobile-money un sentiment d’insécurité justifié. Selon les opérateurs mobiles, ces infractions seraient dues à des facteurs externes dont les auteurs de cyber crimes sauraient expliciter les procédés, et souvent à l’imprudence de certains clients. De leur côté, ceux-ci conviennent d’une part avec leurs hôtes et tiennent par moment pour responsables des tenanciers d’agences mobile money de proximité, à la crédibilité incertaine.

 

En fin de compte, retenons que l’e-commerce en Côte d’Ivoire sans l’usage du mobile money n’aurait été qu’une entreprise de plus destinée à servir des intérêts élitistes. Son développement dans ce cas aurait très certainement croisé maints déboires. Bienheureusement, cette éventualité est exclue. Cependant, le phénomène de cybercriminalité qui depuis quelques années s’est porté garant de jeter sur la Côte d’Ivoire un discrédit d’ignominie et de corruption tend à décourager les populations ivoiriennes alors enthousiastes face à l’appropriation du e-commerce et du mobile money. Tant que des mesures beaucoup plus contraignantes ne seront engagées, les cyber-délinquants trouveront en chaque innovation de l’ère numérique le lieu d’accroitre leurs chiffres d’affaire.

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