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Le travail des enfants : le phénomène en Abidjan

Le travail des enfants : le phénomène en Abidjan

Située au sud de la Côte d’Ivoire sur le littoral, la métropole abidjannaise est sans pareil le centre urbain le plus attractif du pays. Disposant des services de tous ordres et d’une armature urbaine semblable à celle des métropoles africaines, la ville d’Abidjan représente la destination première des migrants étrangers de la sous-région ouest africaine et des ruraux locaux. A ce jour, son poids démographique s’élève à 20% de la population ivoirienne.

Cependant, comme nombre de villes africaines, Abidjan abrite l’un des phénomènes les plus dégradants de notre société à savoir le travail des enfants. Malgré les efforts consentis par l’Etat et les organisations non gouvernementales, le phénomène demeure et s’accorde beaucoup plus de prétention.

Nous nous proposons donc de dévoiler certaines causes qui font perdurer ledit phénomène en Côte d’Ivoire et d’en expliciter les manifestations.

Au sein des quartiers populaires d’Abidjan résident des populations majoritairement pauvres, d’un niveau d’instruction à dominance secondaire (premier cycle). Selon les chiffres de l’institut national de statistique (INS, 2014), cette frange de la population est réputée être la plus féconde, la plus pauvre et par conséquent la plus nécessiteuse.

Exposée donc à un système social qui tend à dépouiller les plus aisés, cette population se retrouve contrainte de priver les plus jeunes d’éducation scolaire et de les rattacher dès leurs jeunes âges (7 ans en moyenne) au monde du travail.

Pour les familles musulmanes, certains enfants sont confiés aux marabouts qui les exploitent à leur guise en les soumettant à la mendicité et en commettant à leurs égards les plus cruels abus qui soient. Quant à ceux qui échappent à l’esclavagisme des marabouts, le travail s’offre à eux sous diverses formes : porte-bagages dans les marchés de la ville appelés communément « tantie-bagages » ; commerçants ambulants à la solde de grossistes ; cireurs de chaussures ; apprentis de « gbaka » ; etc. Le comble est que certains capitulent pour s’adonner au crime dont la manifestation la plus célèbre est le phénomène des microbes (enfants et adolescents commettant des exactions à l’arme blanche). Aussi, un fait des plus aberrants s’avère être ces enfants qui errent de dépotoirs en dépotoirs pour trouver et revendre des matériaux dont les revenus serviront à la pitance des familles.

A n’en point douter, ce phénomène est l’un des plus cruels du siècle présent. En dépit des efforts consentis pour y remédier, le phénomène persiste et tend à s’éterniser.

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