La crise de l’Agrobusiness en Côte d’Ivoire : le cas de Monhévéa.com

Publié le par Luc Kouade

La crise de l’Agrobusiness en Côte d’Ivoire : le cas de Monhévéa.com

L’avènement des sociétés d’agrobusiness a généré une nouvelle ère économique dans le quotidien des ivoiriens. S’inspirant de son excellence Houphouët Boigny, premier président de la république de Côte d’Ivoire qui faisait de l’agriculture le socle de l’économie ivoirienne dès l’acquisition de l’indépendance, les responsables des structures d’agrobusiness semblèrent faire le bon choix. Cependant après plusieurs années d’exercice, et d’avantages de gloire que de déboires orchestrés, l’agrobusiness en Côte d’Ivoire semble en proie aux méfiances gouvernementales qui en Janvier 2017 ont constitué les causes essentielles de l’interruption des activités desdites structures.

A ce jour, les sociétés d’agrobusiness sont sujettes à des enquêtes dont les retombées sont jusqu’ici inconnues. La principale Monhevea.com a assisté impuissante au gel de ses comptes pourvus de dizaines de milliards ; à des perquisitions dans ses locaux et à l’emprisonnement illégal de certains de ses dirigeants ou de leurs proches en Janvier 2017. Le premier responsable de cette structure a trouvé refuge dans l’exil jusqu’à ce jour.

Quelles sont les causes du calvaire que subissent les sociétés d’agrobusiness ?

Que pensent les populations ou du moins les souscripteurs de la situation que traverse l’agrobusiness ?

Quelles seront les issues possibles de cette crise ?

Dans ce dossier, nous nous efforcerons d’éclairer la lanterne de toutes ces personnes qui s’interrogent sur la crise que traverse l’agrobusiness en Côte d’Ivoire et en particulier celle de monhévéa.com.

Les raisons de la crise de l’agrobusiness :

En 2008, la société Monhévéa.com a posé ses valises en Côte d’Ivoire avec pour objectifs la création et la gestion des plantations d’hévéas ; de cacaos et de vivriers. Parti de 215 ha de surfaces cultivables, elle s’est donné pour but d’atteindre 2000 ha de plantation aux comptes des souscripteurs en 2016. Afin de mener à bien cette mission, l’apport technique de spécialistes n’a pas fait défaut aux initiatives culturales de Monhévéa.com. Cependant après plusieurs années, la crédibilité de cette structure est remise en cause par les instances gouvernantes pour de multiples raisons.

  • La société sensée générer des plantations, de l’argent investit par les souscripteurs, l’utilise à des fins inconnues. En contrepartie l’investissement des souscripteurs est rémunéré avec des taux d’intérêt excédant les 6%.
  • Face à la popularité de l’agrobusiness qui a priori s’avérait être plus rémunérateur, nombreux étaient les particuliers qui préféraient y investir leur argent plutôt que de le placer en banque en attendant des intérêts moindres. Il faut donc signifier qu’au regard de cette situation, les sociétés d’agrobusiness se sont attirées sans le vouloir la haine des banquiers qui se sentaient dépouillés à petit feu.
  • Selon les propos du responsable principal de Monhévéa.com M Honoré Christophe Yapi, l’enrichissement des populations que généraient ses entreprises lui attirait les faveurs des populations qui dans une certaine mesure opteraient très probablement pour lui dans une perspective d’alternance présidentielle. Toute chose qui ne concourait pas au bien de ceux qui y aspirent ouvertement.
  • Selon des sources proches de monhévéa.com, les causes du discrédit lancé à l’endroit de la société seraient l’échec des tentatives gouvernementales de hausse des taxes fiscales de l’entreprise. Aussi, la volonté des partis politiques gouvernant d’associer M Yapi aux mouvements politiques n’a pas croisé le consentement de celui-ci selon certaines révélations.

Les raisons de cette crise ne sauraient se limiter à ces quelques affirmations. Cependant, nous ne pouvions aucunement évoquer des causes dont nous n’avions conquis la mesure.

Les réactions des souscripteurs face à la situation actuelle de l’agrobusiness en Côte d’Ivoire :

Tenant compte des raisons évoquées ci-dessus et de plus encore, le gouvernement ivoirien s’est engagé à saisir les comptes des sociétés d’agrobusiness en y interdisant toute activité de débit le temps de mener des enquêtes et de découdre promptement du problème.

La saisie des comptes de Monhévéa.com est alors survenu à un moment où celle-ci devait payer ses souscripteurs comme à l’accoutumé. Face donc au gel des comptes de la société et par conséquent à l’impossibilité de paiement des souscripteurs, ceux-ci jettent leur dévolu sur le gouvernement qu’ils accusent de vouloir les dépouiller. A en croire aux dires des souscripteurs, l’Etat ivoirien aurait agi en faisant exempt des normes que de saisir les comptes d’une entreprise dont les souscripteurs ne se plaignaient et qui leur générait chaque année des millions de FCFA.  Selon eux, cette mesure serait guidée par la jalousie des banquiers qui assistèrent impuissant à la fuite des capitaux ; la volonté totalitariste de tout diriger et surtout par les besoins financiers d’un gouvernement sous pression des mutineries amorcées le 06 Janvier 2017.

A la fin du mois de Janvier, le gouvernement s’est engagé à reverser aux souscripteurs le tiers des capitaux investis via le trésor public prétextant que leurs agissements étaient en faveur de leurs populations qu’ils ne voulaient voir dépouillés par des sociétés d’agrobusiness qui ne possèdent nullement de plantations. Le représentant du gouvernement précisait à cet effet que : « Tout ce qui brille n’est pas de l’or »

En réponse, les souscripteurs ne partagent aucunement l’avis du gouvernement qu’ils suspectent plutôt d’accuser à tort les sociétés concernées. Pour ce qui est du paiement du tiers des capitaux investis, les souscripteurs ont fait valoir leur refus par des protestations et des mouvements de masse sous des banderoles où on pouvait lire : « Nous n’avons pas signés de contrat avec le trésor ».

D’une seule voix ils se font entendre en exigeant du gouvernement le dégel des comptes et la liberté d’exercice des structures d’agrobusiness.

 

Les issues possibles à cette crise :

Si nous nous référons aux dires et aux mesures du gouvernement, nous sommes à même de supposer que le projet « plantation clé en main » initié par la structure d’agrobusiness Monhévéa.com est une arnaque organisé par M Yapi Christophe Honoré. Et que par conséquent les revendications des souscripteurs ne trouveront aucune autre faveur auprès des dirigeants que le paiement par le trésor public du tiers des capitaux investis par ceux-ci.

Le Directeur Général quant à lui choqué des préjugés à l’encontre de sa personne et des structures sous sa tutelle, rassure ses souscripteurs depuis son exil en ces termes : «Chers partenaires, la réquisition susvisée nous empêche provisoirement de tenir nos engagements vis-à-vis de nos clients, nos salariés, et nos fournisseurs. Mais nous vous appelons instamment à la sérénité et à la retenue, et vous garantissons que vous serez effectivement payés, à l’issue des procédures ».

Il a par ailleurs réaffirmé son entière disposition aux autorités dans l’optique de fluidifier le dialogue pour un dénouement heureux et rapide de cette situation inattendue.

En attendant, les comptes de la société Monhévéa.com qui depuis plusieurs années fait des millionnaires sont en incapacité de fonction. De leur côté, les souscripteurs demeurent en grogne et exigent la reprise des activités de ladite société et avec, la rémunération avec intérêt de leurs investissements. 

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